Bébés

Lutter contre les coliques : solutions et gestes qui soulagent vraiment

Par Maxime
6 minutes

Comprendre les coliques du nourrisson : un véritable casse-tête pour les parents


Les pleurs inconsolables de votre bébé vous prennent au dépourvu chaque soir ? Votre tout-petit se tortille, serre les poings, devient rouge, et semble souffrir sans raison visible ? Pour de nombreux parents, les coliques du nourrisson sont une épreuve aussi fréquente que déstabilisante durant les premiers mois de vie. Avant de passer aux solutions, faisons le point sur ce que recouvrent vraiment ces fameuses "coliques" et comment les distinguer d'autres manifestations.


  • Que sont les coliques ? Ce terme désigne des crises de pleurs intenses et récurrentes, inexpliquées, chez les bébés de moins de 4 à 5 mois. Les épisodes surviennent le plus souvent en fin de journée ou le soir, sans lien direct avec la faim, la couche ou une maladie.
  • Combien de temps ça dure ? Typiquement, les coliques débutent vers la 2e ou 3e semaine, culminent vers 6 semaines et s’estompent vers 3 à 4 mois.
  • À quoi les reconnaît-on ? Bébé pleure plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine, il se cambre, replie les jambes, a parfois le ventre dur ou des gaz. Entre les crises, il va bien.

Bon à savoir : Les coliques ne traduisent pas une maladie et ne laissent aucune séquelle. Elles sont éprouvantes pour bébé… et surtout pour les parents !


Gestes quotidiens qui apaisent réellement


Dans la grande majorité des cas, aucun médicament miracle n’est nécessaire, mais des gestes simples, faits avec douceur et régularité, font toute la différence. Voici les techniques les plus efficaces, testées et approuvées par des milliers de familles.


  • Le portage : En règle générale, les bébés qui souffrent de coliques sont apaisés par la proximité. Portez votre enfant en écharpe ou en porte-bébé physiologique contre votre torse : la chaleur, le balancement et le ressenti de la respiration parentale calment les tensions abdominales et le stress.
  • Le bercement : Mouvements lents et rythmés, à bras ou dans un transat, reproduisent un environnement connu et rassurant.
  • Le bruit blanc : Aspirateur, sèche-cheveux lointain, application de bruit blanc, ou simplement le chuintement "Chhhh" près de son oreille, peuvent calmer par effet hypnotique.
  • Massage du ventre : Avec de l’huile adaptée (calendula ou amande douce), massez délicatement le ventre de bébé dans le sens des aiguilles d’une montre. Cela aide à libérer les gaz et à détendre l’intestin. Les exercices type "pédalo" (replier doucement les jambes sur le ventre) favorisent eux aussi l’élimination.
  • Bain tiède : Un bain quotidien, dans une eau autour de 37°C, détend l’enfant et son petit ventre contracté.

Astuce concrète : Essayez de maintenir une atmosphère calme autour de la famille à ce moment de la journée, limitez le passage et la stimulation, tamisez la lumière. Parfois, une pièce sombre et un geste monotone suffisent à casser le cercle infernal.


Adapter l’alimentation : quand et comment ?


Si l’immense majorité des coliques n’est pas liée à un problème d’alimentation, quelques ajustements simples aident parfois à en atténuer la fréquence ou l’intensité. Petit tour d’horizon.


  • L’allaitement maternel : Aucun régime d’éviction n’est recommandé systématiquement à la mère qui allaite, sauf avis médical (cas d’allergie avérée). Toutefois, il est judicieux d’éviter la sur-stimulation (changement trop fréquent de sein) et de vérifier que bébé tète efficacement, sans avaler trop d’air.
  • Le lait artificiel : Si votre bébé est au biberon, assurez-vous que la tétine est adaptée à son âge (ni trop rapide, ni trop lente). Les laits dits "anti-coliques" ou épaissis ne sont à tester qu’après avis du pédiatre, jamais en première intention.
  • Bureau des bulles : L’ingestion d’air lors des repas augmente les coliques. Favorisez la verticalité pendant et après la tétée, faites des petites pauses « rooooot », et inclinez légèrement le biberon pour éviter l’aspiration de bulles.

À éviter : Multiplier les changements de lait sans avis médical. L’important est la constance, pas la course au "mieux".


Ce qui ne marche (presque) jamais, et ce qu’il faut éviter


  • Les médicaments anti-coliques : Il n’existe pas de médicament miracle validé par la science contre les coliques du nourrisson (aucun pansement gastrique, antispasmodique ou probiotiques ne sont systématiquement efficaces).
  • Les tisanes et infusions : Non seulement leur efficacité n’est pas prouvée, mais elles présentent des risques de dilution et d’allergie chez le tout-petit. Ne jamais en donner à un bébé sans prescription médicale.
  • La sur-stimulation: Pendant une crise, les stimulations supplémentaires (lumière vive, bruit, brassage, insistance des adultes) augmentent souvent l’agitation.
  • Secouer ou sur-porter un bébé en panique : Même à bout de nerfs, jamais aucune secousse. Si vous sentez la colère monter, posez bébé en sécurité dans son lit, laissez la pièce quelques minutes et prévenez une personne de confiance.

Bon réflexe : Se rappeler que les coliques sont une phase transitoire, que la meilleure arme reste la persévérance et une présence rassurante.


Checklist pratique pour les parents épuisés


  • Créer une routine du soir immuable : bain, bercement, lumière faible, portage.
  • Masser le ventre 2 à 3 fois par jour (sans insister si bébé n’aime pas).
  • Alterner portage, lit ou poussette selon niveau d’épuisement du parent et de l’enfant.
  • Faire des pauses « rot » entre chaque tétée ou biberon.
  • Rappeler à chaque membre de la famille l’interdiction ABSOLUE de secouer un nourrisson.
  • Se relayer la nuit ou le soir quand c’est possible, pour éviter l’épuisement et la tension.
  • Demander du soutien (proches, PMI, médecin) si vous sentez que vous perdez patience.

Zoom sur les solutions "naturelles" et méthodes alternatives


En complément du suivi médical classique, certaines méthodes séduisent de plus en plus de familles. Leur bénéfice n’est pas garanti pour tous, mais elles recueillent des avis positifs dans certains cas :


  • L’ostéopathie pédiatrique : Des séances chez un ostéopathe formé aux tout-petits peuvent aider à relâcher des tensions résiduelles (accouchement difficile, posture, etc.). Demandez toujours l’avis du pédiatre et privilégiez un professionnel diplômé.
  • Les probiotiques : Certaines souches spécifiques (L. reuteri, B. lactis) pourraient améliorer le confort digestif pour des bébés sujets. À discuter avec votre médecin.
  • Le réflexe d’emmaillotage doux : Ne le faites qu'après avoir vérifié qu'il n'a pas trop chaud et en respectant la physiologie. L'effet cocon rassure certains bébés.
  • Chansons, voix douce, peau à peau : Le simple fait de parler ou de chanter, doucement, soutient le lâcher-prise chez le tout-petit, réduit l’angoisse parentale… et solidarise toute la famille contre la tempête.

Comment savoir si cela cache autre chose ?


Dans plus de 95% des cas, les coliques sont bénignes. Mais il est toujours conseillé de consulter quand :


  • Votre bébé ne prend pas de poids ou vomit abondamment.
  • Crise de pleurs inhabituelle, à distance des horaires de "coliques" classiques.
  • Pleurs aigus, gémissements faibles, indifférence au contact, pâleur ou fièvre.
  • Sang dans les selles ou selles très liquides/verdâtres.
  • Tout changement de comportement inquiétant.

Votre médecin ou pédiatre est là pour poser un diagnostic différentiel et écarter une allergie, un reflux ou une infection.


Témoignages de parents : leurs petites victoires contre les coliques


  • « La première fois, on a cru à une maladie bizarre, on était démunis. Finalement, le portage en écharpe m’a sauvé du découragement. On a instauré une vraie routine : bain tiède, courte balade en porte-bébé, berceuse noire – et il s’est peu à peu apaisé. » (Sonia, maman d’un bébé de 2 mois)
  • « Les massages du ventre 3 fois par jour ont changé la donne. Et le pédiatre m’a rassurée sur l’inefficacité des laits miracles, ça m’a évité une tonne de stress ». (Aurélien, papa d’un nourrisson de 6 semaines)
  • « On se relayait chaque soir pour les crises, et surtout j’ai appris à lâcher prise : une pièce sombre, une musique douce et je berçais ma fille tout contre moi, sans rien demander de plus. Avec le temps, tout est rentré dans l’ordre ». (Laetitia, famille recomposée)

Bilan : que retenir pour mieux vivre la période des coliques


  • Les coliques sont une phase éprouvante, mais elles finissent toujours par céder avec la croissance du système digestif.
  • Pas de solution unique, mais une palette de gestes doux : portage, massage, routines calmes, port d’attention.
  • La meilleure arme reste la patience, l’empathie et la solidarité familiale. S’isoler ou culpabiliser aggrave la fatigue émotionnelle.
  • Face au doute, on consulte son pédiatre, et on s’épargne les remèdes miracles ou changements fréquents de lait sans justification médicale.

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