Comprendre les bases de la confiance en soi chez l’enfant
La confiance en soi n’est pas innée : elle se construit petit à petit, au rythme des expériences vécues à la maison, à l’école, dans les loisirs et au sein de la fratrie. Elle se traduit par la capacité d’un enfant à croire en ses compétences, à oser même lorsqu’il doute, à s’exprimer librement sans craindre le jugement ou l’échec. Pourtant, de nombreux parents se demandent comment soutenir cet élan positif sans “en faire trop” ou générer pression et stress. Bonne nouvelle : il existe des clés concrètes et accessibles au quotidien pour encourager cette confiance durable.
Identifier les freins qui minent l’estime de soi
- Comparaisons malheureuses : Les phrases du type « Regarde ton frère, lui il y arrive » peuvent laisser des traces et alimenter la peur de ne jamais être “assez bien”.
- Surprotection persistance : Empêcher l’enfant d’essayer, de se tromper ou de prendre des initiatives freine le sentiment de compétence.
- Culte de la performance : Valoriser uniquement la réussite amène l’enfant à croire qu’il n’est aimé que s’il “réussit tout”.
- Messages contradictoires ou exigences floues : Quand les règles changent selon l’humeur, l’enfant doute de sa capacité à “bien faire”.
Reconnaître ces pièges permet de les éviter et d’ajuster son attitude pour mieux accompagner l’enfant au quotidien.
Favoriser la confiance par des rituels simples
- Encourager l’autonomie adaptée à l’âge : Laisser votre enfant s’habiller, participer à la préparation du repas, choisir son livre du soir… Autant de petites décisions qui nourrissent le sentiment d’efficacité.
- Valoriser l’effort et non le résultat : “Tu as persévéré malgré la difficulté”, “Bravo d’avoir essayé” vaut plus que “C’est parfait”.
- Donner droit à l’erreur : Racontez vos propres échecs passés, montrez que c’est grâce à eux que l’on progresse.
- Ritualiser les temps de confiance : Chaque soir, proposez trois phrases positives sur la journée : “De quoi es-tu fier aujourd’hui ?”, “Qu’as-tu appris de nouveau ?”, “As-tu aidé quelqu’un ?”
- Ecouter sans juger : Accueillez peurs, doutes et colères, montrez que tous les sentiments sont légitimes même s’ils ne déterminent pas la valeur de l’enfant.
Des outils pratico-pratiques à tester en famille
- Le tableau des réussites : Chaque semaine, notez et affichez dans la cuisine ou la chambre les petites victoires : “J’ai réussi à attacher mes lacets”, “J’ai demandé de l’aide sans rougir”.
- Le bocal à compliments : Chacun inscrit, pour soi ou un autre membre de la famille, un mot positif ou une fierté sur un papier. À relire en cas de coup de mou.
- Le jeu de l’étoile filante : À tour de rôle, chacun exprime une qualité qu’il se reconnaît aujourd’hui – encourage très tôt l’auto-bienveillance.
- La minute des réussites : Chaque soir ou lors du dîner, chacun partage un moment où il s’est senti “capable” ou fier.
Adapter ses paroles pour booster la confiance
- Privilégiez le "je vois que..." ou "j’ai remarqué que..." plutôt que “tu es toujours” ou “tu n’es jamais”. Par exemple : “Je vois que tu as osé lever la main en classe aujourd’hui, c’est courageux !”
- Évitez de coller des étiquettes : Bannissez les “tu es maladroit”, “tu es timide”, qui fige l’enfant dans une identité négative difficile à dépasser.
- Formulez vos attentes clairement : “Je te fais confiance pour essayer, même si tu te trompes.”
- Valorisez le processus : “Ce n’est pas le résultat qui compte, mais tout ce que tu as tenté pour y arriver.”
Gérer les revers et les “bas” sans casser l’élan
- Après un échec, accueillez l’émotion (“C’est dur de ne pas obtenir ce qu’on voulait !”), mais aidez l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il a appris (“Que ferais-tu autrement la prochaine fois ?”).
- Déstigmatisez la difficulté : “Tout le monde apprend en se trompant. Même les adultes.”
- Proposez de se relever ensemble : reformulez “Tu veux qu’on s’entraîne à deux ?” ou “On réessaye ensemble demain ?”
Check-list du parent ressource au quotidien
- Accordez du temps exclusif à chaque enfant (5-10 minutes par jour sans écran, ni distraction).
- Laissez l’enfant choisir certains vêtements ou organiser son espace selon ses goûts.
- Célébrez l’originalité plutôt que la conformité (un dessin coloré inattendu, une idée “bizarre” à table…).
- Invitez l’enfant à aider ou à transmettre une compétence à plus jeune ou à un adulte (recette simple, jeu de société, bricolage).
- Soulignez les progrès (“Tu n’y arrivais pas le mois dernier, regarde aujourd’hui !”).
Que faire si votre enfant doute en permanence ?
Repérez les signaux : phrases comme “je suis nul”, “je n’y arriverai jamais”, évitement des nouvelles activités, retrait devant l’adulte ou les pairs.
N’hésitez pas à ouvrir le dialogue sur ses émotions, valorisez toute tentative d’action (“Tu as osé essayer, c’est déjà beaucoup !”) et proposez de petites étapes progressives.
Si l’inhibition s’installe ou qu’elle s’accompagne d’une grande tristesse, parlez-en à un professionnel (enseignant, psychologue scolaire, pédiatre).
Témoignages – Paroles de parents et d’enfants
- “Mon fils n’osait jamais s’inscrire à un club extra-scolaire. On a imaginé une “carte de défis” avec des tout petits pas (“dire bonjour au professeur”, “rester cinq minutes assis”, etc.). En cochant chaque case, il regagnait confiance.” (Lise, maman d’un garçon de 7 ans)
- “J’ai arrêté de lui dire ‘c’est facile pour toi !’ Chaque enfant a ses forces différentes. On cherche ensemble ce qui le rend fier, même s’il ne se distingue pas sur les mêmes points que sa sœur.” (Thomas, papa de deux enfants)
- “Quand je suis triste, maman me rappelle que j’ai déjà réussi à apprendre à faire du vélo, même si je suis tombée souvent. Ça me donne envie de recommencer.” (Léna, 8 ans)
Astuces pour différentes tranches d’âge
- Petite enfance : multipliez les encouragements et laissez jouer librement, sans intervenir sur chaque action. Les jeux d’imitation développent la confiance (“Je fais comme papa !”).
- Élémentaire : laissez l’enfant prendre des initiatives, aidez-le à nommer ses émotions et ses réussites, proposez de tenir un “carnet des victoires”.
- Ado : accordez-lui des responsabilités concrètes (courses, organisation d’une sortie), discutez frontalement des défis (timidité, peur du regard des autres), rappelez-leur leurs talents spécifiques (“Tu as un vrai sens de l’humour”, “Tu sais apaiser les disputes dans la famille…”).
À ne pas faire : pièges courants à éviter
- Évitez d’intervenir ou de « voler au secours » systématiquement lorsqu’un enfant rencontre une difficulté – apprenez-lui à demander de l’aide, sans que cela devienne automatique.
- Ne cherchez pas à rassurer en niant ses peurs (“Ce n’est pas grave”, “Ce n’est rien !”), mais accueillez-les et explorez comment y faire face.
- N’orientez pas toujours l’enfant vers “ce qui est plus simple” pour lui : laissez-le choisir, même au risque de l’essai-erreur.
- Ne jugez ni ne commentez ses faiblesses devant les frères, sœurs ou copains (“Il est moins sociable”, “C’est notre petit dernier qui a du mal”).
En bref : bâtir la confiance, c’est possible (et indispensable)
- La confiance en soi offre à l’enfant le socle pour grandir, essayer, s’affirmer et s’épanouir – à son rythme.
- Intégrer des encouragements, valoriser l’effort, faciliter l’expression des émotions et donner de vrais espaces d’autonomie font toute la différence.
- Chaque parent progresse aussi… et c’est normal de tâtonner : le principal est d’accompagner l’enfant sans crainte du “parfait”.
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