Éducation

Comment encourager la persévérance à l’école et à la maison

Par Maxime
6 minutes

Comprendre la persévérance chez l’enfant et l’adolescent : une clé pour la réussite


La persévérance, c’est cette faculté précieuse à poursuivre un but malgré les difficultés ou l’ennui. À l’école comme à la maison, elle joue un rôle déterminant dans le parcours scolaire, l’apprentissage de l’autonomie et même la gestion du quotidien en famille. Mais d’où vient-elle ? Est-elle innée ou acquise ? Bonne nouvelle : la capacité à « tenir bon » se nourrit, s’apprend et s’entraîne chaque jour.


  • Chez l’enfant, la persévérance grandit au contact d’encouragements adaptés, de petits défis et de modèles inspirants. L’attitude parentale joue un rôle de catalyseur.
  • Chez l’adolescent, elle s’appuie aussi sur le goût de l’effort personnel, la capacité à gérer les frustrations et à rebondir après un échec.

Accompagner son enfant ou son ado vers plus de persévérance, ce n’est pas exiger la perfection ou la performance à tout prix. C’est lui offrir le goût de l’effort autonome, le plaisir d’avancer « pas à pas », et le droit d’essayer… puis de recommencer autrement.


Distinguer persévérance, motivation et entêtement : bien poser le cadre


Avant d’encourager la persévérance, il est utile de faire le tri :


  • La motivation : état intérieur, souvent fluctuant, activé par l’envie ou la curiosité (« J’ai envie/appris à aimer apprendre »).
  • La persévérance : capacité à poursuivre l’effort, même quand la motivation s’effrite (« Je termine ce que j’ai commencé, même si c’est difficile »).
  • L’entêtement : refuser d’admettre une impasse ou d’accepter l’aide, même face à l’évidence. Encourager la persévérance, ce n’est pas placer son enfant devant un mur mais l’aider à trouver une porte !

Cette distinction aide à poser des limites, à expliquer qu’il est normal de douter ou de décrocher parfois, et que demander un coup de main fait partie de l’apprentissage.


Créer un environnement propice à la persévérance


Le contexte familial et scolaire influe fortement sur la capacité à s’accrocher face aux défis. Voici quelques fondations sur lesquelles s’appuyer :


  • Valoriser l’effort, pas le seul résultat : Soulignez les progrès et les étapes franchies (« Tu t’es accroché jusqu’au bout de ton exercice, bravo »), même en cas de note moyenne ou de succès partiel.
  • Donner le droit à l’erreur : Partagez vos propres expériences de ratés ou d’hésitations. Oser dire « je comprends, ça m’arrive aussi » diminue la peur d’essayer.
  • Favoriser une ambiance bienveillante à la maison : Privilégiez les échanges constructifs, sans ironie ni comparaison (« Regarde, ton frère lui… »).
  • Organiser un espace et des temps dédiés à l’effort : Installez un coin calme, rangez-y ensemble l’essentiel pour les devoirs, les activités manuelles ou les projets personnels.

Accompagner au quotidien : astuces et rituels pour s’accrocher


L’acquisition de la persévérance passe aussi par des méthodes concrètes. Privilégiez le « pas à pas » et multipliez les petites victoires :


  • Découper les objectifs : Un long travail devient plus digeste s’il est scindé en étapes : « Fais d’abord la moitié du problème, puis on relit ensemble ».
  • Planifier (sans surcharger) : Utilisez un agenda simple, affichez les étapes sur le mur, ou fixez des mini-défis du jour (« Aujourd’hui, on finit ce chapitre ensemble, demain tu essaies seul »).
  • Célébrer les efforts réguliers : Accordez un petit temps de valorisation à la fin de la semaine (« Quels efforts as-tu fournis cette semaine qui te rendent fier ? »).
  • Pratiquer le renforcement positif : Remerciez pour l’assiduité, félicitez la progression (« Je vois que tu n’as pas lâché, même s’il y avait une difficulté »).
  • Mettre en place un "tableau des avancées" : À compléter ensemble avec des stickers, un feutre ou des symboles (un badge par travail terminé, un sourire pour chaque effort fourni sans râler, etc.).

Rôle des parents : inspirer l’envie d’essayer (et d’échouer… puis de recommencer)


Votre propre attitude jour après jour et vos réactions face aux « couacs » influent directement sur la capacité de vos enfants à persévérer :


  • Miser sur l’exemple : Racontez vos réussites obtenues après plusieurs essais, partagez vos « loupés » ou les situations où vous-même avez failli abandonner.
  • Soutenir sans « faire à la place » : Offrez une aide graduée (questionner, guider, mais sans résoudre directement).
  • Aider à reformuler les difficultés : « Qu’est-ce qui te bloque exactement ? », « Quelle aide aimerais-tu ? ». On apprend à persévérer en cernant mieux les obstacles, pas seulement en les contournant.
  • Autoriser l’abandon raisonné : Apprenez à différencier un renoncement passager d’un découragement chronique. Parfois, arrêter pour mieux repartir est aussi un apprentissage.

Construire des routines de persévérance à l’école


L’environnement scolaire peut renforcer la dynamique familiale. Quelques pistes à partager avec les enseignants (ou à adapter à la maison) :


  • Donner des défis « progressifs » : Demandez à l’instituteur ou au professeur une liste d’exercices de niveaux croissants pour encourager l’effort.
  • Introduire les temps de relecture/reflexion : Proposez une pause entre deux exercices pour relire, ajuster, repérer les petites réussites (« Qu’as-tu mieux compris après deux essais ? »).
  • Inclure la classe ou les amis : Organisez, quand c’est possible, des sessions de travail collaboratif où l’un encourage l’autre à reprendre ou terminer une activité.

Outils numériques et supports créatifs : booster la persévérance autrement


L’usage raisonné du numérique peut motiver l’assiduité :


  • Applications de gestion du temps (Pomodoro, agendas collaboratifs, badges virtuels) : Leur aspect ludique aide à organiser le travail par séquences, à avancer « étape par étape » sans découragement.
  • Vidéos inspirantes sur la persévérance : Partagez des reportages, témoignages, ou histoires d’élèves célèbres qui racontent comment ils ont appris à s’accrocher.
  • Tableaux créatifs et affiches personnalisées : L’enfant ou l’ado visualise sa progression (tableau d’objectifs, calendrier à stickers, journal de bord). Impliquez-le dans la création de cet outil : s’il l’a conçu, il sera plus enclin à l’utiliser !

Cultiver la confiance en soi : le moteur caché de la persévérance


La persévérance s’alimente à la source de la confiance en soi. Plus l’enfant ou l’ado se sent écouté, soutenu, et valorisé, plus il ose essayer – et réessayer.


  • Aider à verbaliser ses réussites : Chaque semaine, proposez à votre enfant de citer une difficulté franchie, même minime. Affichez-le fièrement.
  • Cadrer les échecs dans une logique d’apprentissage : Dédramatisez les notes basses ou les erreurs. Reformulez : « L’essentiel, c’est ce que tu as appris en recommençant ».
  • Valoriser l’effort dans toutes les sphères : Jeux, sport, musique, loisirs manuels… La persévérance se construit dans tous les domaines !

Mini-checklist « gestion de la persévérance » pour toute la famille


  1. Choisir ensemble un « défi de la semaine » (par exemple : apprendre la conjugaison, tenir sa routine du soir, finir un dessin…)
  2. Oser découper le défi en mini-étapes visibles et atteignables
  3. Prévoir un temps de retour (un bilan familial le dimanche, ou quelques minutes en tête-à-tête en fin de journée)
  4. Féliciter chaque effort, même si l’objectif final n’est pas atteint
  5. Laisser l’enfant ou l’ado proposer ses propres solutions en cas de blocage
  6. Mettre l’accent sur la progression, plus que sur la vitesse ou la comparaison aux autres

Témoignages inspirants : quand la persévérance prend forme en famille


  • « Ma fille bloquait sur une poésie à apprendre. On a découpé chaque strophe avec des post-it de couleurs différentes : elle récitait un post-it à la fois devant toute la famille, et chacun l’encourageait. Elle n’a pas tout su du premier coup, mais elle a terminé fière, et n’a plus jamais redouté une récitation ! » (Julie, maman de deux enfants)
  • « Mon fils, passionné de lego, perdait patience à la moindre erreur. J’ai mis en place un “badge persévérance” à coller sur son agenda dès qu’il recommence sans râler. Cette idée a déteint sur les devoirs, où il ose maintenant effacer et recommencer, sans crise. » (Mohamed, papa solo)
  • « Après chaque premier trimestre, on liste les “petites victoires” du trimestre passé : ce n’est pas la note, mais l’effort ou la durée qu’on a réussi à tenir. Cela rend fiers, et motive pour repartir sur de bonnes bases !» (Céline, maman d’une collégienne)

En synthèse : miser sur la bienveillance, l’exemple et les petits pas


  • La persévérance se cultive à tous les âges, à l’école comme à la maison, grâce à un soutien empathique et des encouragements adaptés.
  • C’est moins l’obligation scolaire que la manière d’aborder l’effort, de gérer l’erreur et de célébrer les progrès qui installent durablement ce réflexe « jusqu’au bout ».
  • Parents, osez dédramatiser les revers, valoriser chaque démarche, et partager vos propres chemins d’apprentissage : la persévérance n’est pas un don, mais une aventure à vivre ensemble au quotidien.
  • Pour télécharger des outils concrets et trouver d’autres témoignages sur la persévérance en famille, rendez-vous sur sortiesenfamille.fr, rubrique Parentalité et Éducation : la réussite s’apprend, un pas après l’autre !

Articles à lire aussi
sortiesenfamille.fr