Comprendre la persévérance chez l’enfant et l’adolescent : une clé pour la réussite
La persévérance, c’est cette faculté précieuse à poursuivre un but malgré les difficultés ou l’ennui. À l’école comme à la maison, elle joue un rôle déterminant dans le parcours scolaire, l’apprentissage de l’autonomie et même la gestion du quotidien en famille. Mais d’où vient-elle ? Est-elle innée ou acquise ? Bonne nouvelle : la capacité à « tenir bon » se nourrit, s’apprend et s’entraîne chaque jour.
- Chez l’enfant, la persévérance grandit au contact d’encouragements adaptés, de petits défis et de modèles inspirants. L’attitude parentale joue un rôle de catalyseur.
- Chez l’adolescent, elle s’appuie aussi sur le goût de l’effort personnel, la capacité à gérer les frustrations et à rebondir après un échec.
Accompagner son enfant ou son ado vers plus de persévérance, ce n’est pas exiger la perfection ou la performance à tout prix. C’est lui offrir le goût de l’effort autonome, le plaisir d’avancer « pas à pas », et le droit d’essayer… puis de recommencer autrement.
Distinguer persévérance, motivation et entêtement : bien poser le cadre
Avant d’encourager la persévérance, il est utile de faire le tri :
- La motivation : état intérieur, souvent fluctuant, activé par l’envie ou la curiosité (« J’ai envie/appris à aimer apprendre »).
- La persévérance : capacité à poursuivre l’effort, même quand la motivation s’effrite (« Je termine ce que j’ai commencé, même si c’est difficile »).
- L’entêtement : refuser d’admettre une impasse ou d’accepter l’aide, même face à l’évidence. Encourager la persévérance, ce n’est pas placer son enfant devant un mur mais l’aider à trouver une porte !
Cette distinction aide à poser des limites, à expliquer qu’il est normal de douter ou de décrocher parfois, et que demander un coup de main fait partie de l’apprentissage.
Créer un environnement propice à la persévérance
Le contexte familial et scolaire influe fortement sur la capacité à s’accrocher face aux défis. Voici quelques fondations sur lesquelles s’appuyer :
- Valoriser l’effort, pas le seul résultat : Soulignez les progrès et les étapes franchies (« Tu t’es accroché jusqu’au bout de ton exercice, bravo »), même en cas de note moyenne ou de succès partiel.
- Donner le droit à l’erreur : Partagez vos propres expériences de ratés ou d’hésitations. Oser dire « je comprends, ça m’arrive aussi » diminue la peur d’essayer.
- Favoriser une ambiance bienveillante à la maison : Privilégiez les échanges constructifs, sans ironie ni comparaison (« Regarde, ton frère lui… »).
- Organiser un espace et des temps dédiés à l’effort : Installez un coin calme, rangez-y ensemble l’essentiel pour les devoirs, les activités manuelles ou les projets personnels.
Accompagner au quotidien : astuces et rituels pour s’accrocher
L’acquisition de la persévérance passe aussi par des méthodes concrètes. Privilégiez le « pas à pas » et multipliez les petites victoires :
- Découper les objectifs : Un long travail devient plus digeste s’il est scindé en étapes : « Fais d’abord la moitié du problème, puis on relit ensemble ».
- Planifier (sans surcharger) : Utilisez un agenda simple, affichez les étapes sur le mur, ou fixez des mini-défis du jour (« Aujourd’hui, on finit ce chapitre ensemble, demain tu essaies seul »).
- Célébrer les efforts réguliers : Accordez un petit temps de valorisation à la fin de la semaine (« Quels efforts as-tu fournis cette semaine qui te rendent fier ? »).
- Pratiquer le renforcement positif : Remerciez pour l’assiduité, félicitez la progression (« Je vois que tu n’as pas lâché, même s’il y avait une difficulté »).
- Mettre en place un "tableau des avancées" : À compléter ensemble avec des stickers, un feutre ou des symboles (un badge par travail terminé, un sourire pour chaque effort fourni sans râler, etc.).
Rôle des parents : inspirer l’envie d’essayer (et d’échouer… puis de recommencer)
Votre propre attitude jour après jour et vos réactions face aux « couacs » influent directement sur la capacité de vos enfants à persévérer :
- Miser sur l’exemple : Racontez vos réussites obtenues après plusieurs essais, partagez vos « loupés » ou les situations où vous-même avez failli abandonner.
- Soutenir sans « faire à la place » : Offrez une aide graduée (questionner, guider, mais sans résoudre directement).
- Aider à reformuler les difficultés : « Qu’est-ce qui te bloque exactement ? », « Quelle aide aimerais-tu ? ». On apprend à persévérer en cernant mieux les obstacles, pas seulement en les contournant.
- Autoriser l’abandon raisonné : Apprenez à différencier un renoncement passager d’un découragement chronique. Parfois, arrêter pour mieux repartir est aussi un apprentissage.
Construire des routines de persévérance à l’école
L’environnement scolaire peut renforcer la dynamique familiale. Quelques pistes à partager avec les enseignants (ou à adapter à la maison) :
- Donner des défis « progressifs » : Demandez à l’instituteur ou au professeur une liste d’exercices de niveaux croissants pour encourager l’effort.
- Introduire les temps de relecture/reflexion : Proposez une pause entre deux exercices pour relire, ajuster, repérer les petites réussites (« Qu’as-tu mieux compris après deux essais ? »).
- Inclure la classe ou les amis : Organisez, quand c’est possible, des sessions de travail collaboratif où l’un encourage l’autre à reprendre ou terminer une activité.
Outils numériques et supports créatifs : booster la persévérance autrement
L’usage raisonné du numérique peut motiver l’assiduité :
- Applications de gestion du temps (Pomodoro, agendas collaboratifs, badges virtuels) : Leur aspect ludique aide à organiser le travail par séquences, à avancer « étape par étape » sans découragement.
- Vidéos inspirantes sur la persévérance : Partagez des reportages, témoignages, ou histoires d’élèves célèbres qui racontent comment ils ont appris à s’accrocher.
- Tableaux créatifs et affiches personnalisées : L’enfant ou l’ado visualise sa progression (tableau d’objectifs, calendrier à stickers, journal de bord). Impliquez-le dans la création de cet outil : s’il l’a conçu, il sera plus enclin à l’utiliser !
Cultiver la confiance en soi : le moteur caché de la persévérance
La persévérance s’alimente à la source de la confiance en soi. Plus l’enfant ou l’ado se sent écouté, soutenu, et valorisé, plus il ose essayer – et réessayer.
- Aider à verbaliser ses réussites : Chaque semaine, proposez à votre enfant de citer une difficulté franchie, même minime. Affichez-le fièrement.
- Cadrer les échecs dans une logique d’apprentissage : Dédramatisez les notes basses ou les erreurs. Reformulez : « L’essentiel, c’est ce que tu as appris en recommençant ».
- Valoriser l’effort dans toutes les sphères : Jeux, sport, musique, loisirs manuels… La persévérance se construit dans tous les domaines !
Mini-checklist « gestion de la persévérance » pour toute la famille
- Choisir ensemble un « défi de la semaine » (par exemple : apprendre la conjugaison, tenir sa routine du soir, finir un dessin…)
- Oser découper le défi en mini-étapes visibles et atteignables
- Prévoir un temps de retour (un bilan familial le dimanche, ou quelques minutes en tête-à-tête en fin de journée)
- Féliciter chaque effort, même si l’objectif final n’est pas atteint
- Laisser l’enfant ou l’ado proposer ses propres solutions en cas de blocage
- Mettre l’accent sur la progression, plus que sur la vitesse ou la comparaison aux autres
Témoignages inspirants : quand la persévérance prend forme en famille
- « Ma fille bloquait sur une poésie à apprendre. On a découpé chaque strophe avec des post-it de couleurs différentes : elle récitait un post-it à la fois devant toute la famille, et chacun l’encourageait. Elle n’a pas tout su du premier coup, mais elle a terminé fière, et n’a plus jamais redouté une récitation ! » (Julie, maman de deux enfants)
- « Mon fils, passionné de lego, perdait patience à la moindre erreur. J’ai mis en place un “badge persévérance” à coller sur son agenda dès qu’il recommence sans râler. Cette idée a déteint sur les devoirs, où il ose maintenant effacer et recommencer, sans crise. » (Mohamed, papa solo)
- « Après chaque premier trimestre, on liste les “petites victoires” du trimestre passé : ce n’est pas la note, mais l’effort ou la durée qu’on a réussi à tenir. Cela rend fiers, et motive pour repartir sur de bonnes bases !» (Céline, maman d’une collégienne)
En synthèse : miser sur la bienveillance, l’exemple et les petits pas
- La persévérance se cultive à tous les âges, à l’école comme à la maison, grâce à un soutien empathique et des encouragements adaptés.
- C’est moins l’obligation scolaire que la manière d’aborder l’effort, de gérer l’erreur et de célébrer les progrès qui installent durablement ce réflexe « jusqu’au bout ».
- Parents, osez dédramatiser les revers, valoriser chaque démarche, et partager vos propres chemins d’apprentissage : la persévérance n’est pas un don, mais une aventure à vivre ensemble au quotidien.
- Pour télécharger des outils concrets et trouver d’autres témoignages sur la persévérance en famille, rendez-vous sur sortiesenfamille.fr, rubrique Parentalité et Éducation : la réussite s’apprend, un pas après l’autre !