Santé des enfants

Lutter contre les troubles du sommeil liés au stress chez l’enfant

Par Maxime
5 minutes

Quand le stress s’invite dans le sommeil des enfants


Des endormissements difficiles, des réveils nocturnes répétés, des cauchemars : de nombreux enfants connaissent, ponctuellement ou sur plusieurs semaines, des troubles du sommeil liés au stress. Entre école, rythme familial soutenu, changements de vie ou inquiétudes plus diffuses (actualité, séparation, maladie…) le stress s’installe parfois dans la chambre à coucher sans qu’on s’en rende compte. Comprendre l’origine de ces perturbations permet déjà d’agir pour retrouver des nuits apaisées.


Repérer le stress chez l’enfant et ses impacts sur le sommeil


  • Signes physiques : agitation au moment du coucher, tensions musculaires, plaintes de ventre ou de tête à la tombée de la nuit, besoin accru de réassurance.
  • Émotions à fleur de peau : pleurs, colère “injustifiée”, réactions disproportionnées pour un détail du rituel du soir.
  • Comportements évocateurs : difficulté à dire bonne nuit, demandes répétées de boisson ou d’histoires, tergiversations interminables…
  • Sommeil fractionné : multiples réveils, cauchemars, réveils précoces, impossibilité de se rendormir seul.e.

Le stress, même discret, déséquilibre le sommeil de l’enfant. Impossible d’“apprendre à s’endormir” quand le cerveau tourne à plein régime, quand l’enfant anticipe les difficultés du lendemain ou les tensions de la journée passée.


D’où vient le stress des enfants ?


À chaque âge, ses sources de stress :


  • À l’école : évaluations, pression du résultat, conflits entre camarades, peur de la moquerie.
  • À la maison : changements de rythme, déménagement, arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, séparation des parents, disputes familiales.
  • Plus largement : ambiance anxiogène dans l’actualité, angoisses sur la santé (la sienne ou celle d’un proche), peur de la nuit, du noir, des “voleurs”.
  • Hyperstimulation : écrans trop tard, activités après l’école, emploi du temps chargé.

Ce stress ne s’exprime pas toujours par des mots : le corps parle pour l’enfant, et c’est souvent au moment du coucher que surgissent les manifestations. En tant que parent, observer sans culpabilité ni dramatisation permet d’apporter une vraie sécurité.


Agir avant tout sur l’environnement du coucher


Mettre en place un rituel rassurant


  • Horaires stables, même le week-end : le corps se règle plus facilement, et l’anticipation rassure.
  • Rituel court, structurant : brossage de dents, pyjama, histoire ou chanson, câlin, veilleuse (si besoin).
  • Moment de “parole sur la journée” : proposer à l’enfant de raconter “le meilleur et le plus embêtant” (ou “la surprise”) de sa journée apaise bien des soucis gardés en silence.

Limiter l’agitation et les écrans


  • Éteindre les écrans au moins 1h avant d’aller se coucher (télé, tablette, téléphone, jeux vidéo).
  • Privilégier des activités calmes : dessin, jeux doux, lecture, puzzle.
  • Éviter les sujets anxiogènes (nouvelles, films inadaptés) dans la soirée.

Petites méthodes pour apaiser un esprit stressé


Techniques de relaxation adaptées


  • Respiration consciente : inspirer profondément par le nez, expirer lentement par la bouche. Faire souffler une bougie imaginaire ou gonfler un “ballon de vent” dans le ventre.
  • Détente progressive : proposer à l’enfant de contracter puis relâcher doucement chaque partie de son corps, allongé dans le lit.
  • Visualisation : imaginer un endroit préféré où rien de mauvais ne peut arriver (plage, cabane, montagne), envoyé mentalement avant de fermer les yeux.

Favoriser l’expression des émotions


  • Laisser la place, dans le calme du soir, à l’expression de peurs, d’inquiétudes ou de frustrations.
  • Valider sans minimiser : “Je comprends que tu sois inquiet/te. C’est normal de ressentir ça.”
  • Utiliser une “peluche à soucis” ou une “boîte aux tracas” dans laquelle l’enfant glisse ses pensées difficiles, symboliquement mises de côté pour la nuit.

Impliquer toute la famille dans la gestion du stress et du sommeil


La sérénité du soir dépend souvent de l’ambiance familiale. Quels sont les outils concrets ?


  • Préparer les affaires du lendemain ensemble pour limiter les sources d’angoisse du matin.
  • Éviter les disputes juste avant d’aller dormir : chacun a besoin de finir la journée sur une note calme.
  • Faire participer l’enfant au choix du doudou ou de la veilleuse. Le laisser personnaliser sa routine du coucher (choisir la musique douce, allumer la lampe, etc.).
  • Valoriser chaque progrès : quelques nuits sans réveil, une endormissement moins accompagné…

Alertes : quand consulter ou demander de l’aide ?


  • Si les troubles du sommeil durent plus de 2 à 3 semaines malgré la mise en place de nouveaux rituels.
  • Si l’enfant montre des signes d’épuisement le jour : changement d’appétit, fatigue excessive, manque de concentration, humeur dépressive.
  • Si le sommeil est perturbé par des phobies, des angoisses massives ou des idées persistantes (“quelque chose de grave va arriver”, peur de mourir, etc.).
  • En cas de stress intense lié à un événement traumatique (deuil, accident, violences, divorce difficile), un accompagnement psychologique est utile.

Le pédiatre, le médecin traitant ou un psychologue pour enfant peuvent évaluer la situation et proposer un accompagnement personnalisé.


Check-list pratique : apaiser le stress pour retrouver un bon sommeil


  • Stabiliser les horaires et le rituel du soir (bain, pyjama, histoire, câlin, doudou, petite veilleuse).
  • Éviter les écrans et jeux vidéo, surtout plus d’une heure avant d’aller au lit.
  • Éviter repas trop copieux, boissons excitantes (sodas, thé glacé), et privilégier une collation légère si besoin.
  • Température de la chambre autour de 18-19°C, obscurité ou veilleuse douce, environnement aéré.
  • Moments de dialogue sur la journée, écoute active des émotions, validation sans jugement.
  • Petits exercices de relaxation : respiration, visualisation, détente.
  • Participation de l’enfant à la routine : se sentir acteur aide à apaiser l’anxiété.
  • Adapter l’agenda familial : reflux des activités après 18h si possible, temps calme collectif.

Petite astuce bonus : créer avec l’enfant un “pacte du sommeil” – écrire ou dessiner ce qui l’aide à s’apaiser, signer ensemble, l’afficher près du lit. Cela valorise l'effort commun et redonne à l’enfant un peu de prise sur ses nuits.


Ce qu’il vaut mieux éviter pour ne pas renforcer les troubles du sommeil


  • Négliger les plaintes ou culpabiliser l’enfant sur ses difficultés d’endormissement : “Tu fais exprès”, “Ce n’est rien, dors maintenant !”
  • Laisser des écrans accessibles ou allumés dans la chambre.
  • Changer brutalement les routines, même si on espère améliorer la situation : un “changement par semaine” suffit.
  • Forcer un enfant à dormir seul s’il manifeste soudain de la détresse : proposer un compromis temporaire (matelas près du lit), encourager progressivement l’autonomie.
  • Répéter sans fin l’accompagnement jusqu’à l’endormissement : l’objectif est de guider vers des outils que l’enfant utilise seul.

Témoignages : astuces de parents pour passer des nuits plus sereines


  • “Le soir, ma fille de 7 ans vide son sachet ‘soucis du jour’ : on écrit ou dessine, on le ferme, et le lendemain matin elle peut l’ouvrir si besoin. Elle s’endort mieux depuis.” (Élodie, maman de 2 enfants)
  • “On a instauré la routine du ‘bâillement d’ours’ : chacun fait semblant de bailler très fort, souffle longuement en s’étirant, puis on se dit trois bonnes choses du jour. Les deux garçons s’endorment vite après.” (Pascal, papa solo)
  • “Les nuits ont changé le jour où on a arrêté les lectures effrayantes ou les infos le soir : maintenant c’est BD ou histoires positives, et ça change tout.” (Myriam, famille recomposée)

Pour finir : un sommeil apaisé, ça s’apprivoise


  • L’écoute empathique, la régularité du rituel et de petites méthodes de relaxation font déjà bouger les choses.
  • Pas de solution miracle en une nuit, mais une démarche patiente et valorisante rassure l’enfant et les parents.
  • Le stress fait partie de la vie, mais il ne doit pas déborder sur les nuits : agissez dès les premiers signes.
  • À retrouver sur sortiesenfamille.fr : checklists rituels du coucher, fiches d’autonomie, idées de visualisation et jeux-calme à télécharger pour des soirées berceuses et zéro prise de tête.

Articles à lire aussi
sortiesenfamille.fr