Santé des enfants

Mieux comprendre les troubles digestifs chez les enfants

Par Maxime
5 minutes

Repérer et décrypter les maux de ventre chez les enfants : un défi du quotidien


Troubles digestifs, douleurs abdominales, « mal au ventre » mystérieux après le repas ou juste avant l’école… Le ventre des enfants s’exprime souvent ! Mais comment distinguer entre indigestion ponctuelle, anxiété ou véritable pathologie digestive ? Mieux comprendre ce que vit son enfant, c’est déjà l’aider à mieux traverser les épisodes de gêne, de ballonnements ou de douleurs qui peuvent vite inquiéter parents et petits.


Les troubles digestifs : une réalité fréquente chez les plus jeunes


On estime que plus de la moitié des enfants en âge scolaire se plaindront régulièrement de désagréments digestifs, souvent sans gravité. Diarrhée, constipation, reflux, coliques ou douleurs diffuses : les manifestations sont aussi variées que les causes. Le système digestif des enfants est en effet en pleine maturation jusqu’à la fin de l’adolescence, exposé à de nombreuses influences (alimentation, infections, émotions, mode de vie).


  • Les plaintes abdominales aiguës : douleurs soudaines liées à une infection virale (« gastro »), un aliment mal toléré ou une intoxication alimentaire.
  • Les troubles chroniques : ballonnements, constipation persistante, maux de ventre récurrents sur plusieurs semaines ou mois.
  • Les faux amis : parfois, les douleurs digestives cachent un autre problème (anxiété, besoin d’attention, troubles du sommeil).

Comprendre ce qui se joue demande d’abord d’écouter, d’observer… et de ne pas minimiser la parole de l’enfant, même lorsqu’on suspecte une origine « psychologique ».


Les symptômes digestifs les plus courants et comment y réagir


Douleurs abdominales


  • Description : Douleur diffuse ou localisée, qui peut survenir après les repas, pendant la nuit ou au réveil. Souvent décrite comme des crampes, parfois accompagnée de nausées ou de mal-être.
  • À surveiller : Intensité croissante, douleur qui réveille la nuit, s’accompagne de fièvre, vomissements persistants ou selles sanguinolentes.
  • Attitude : Rassurer, proposer de l’eau, de petites pauses allongé, surveiller l’évolution et consulter si la douleur devient intense ou s’accompagne de signes d’alerte.

Constipation


  • Description : Selles rares (moins de 3 par semaine), dures, émission parfois douloureuse ou accompagnée de traces de sang sur le papier, ballonnements.
  • Causes fréquentes : Alimentation pauvre en fibres, hydratation insuffisante, manque d’activité, appréhension d’aller à la selle (douleur ou situation vécue comme stressante à l’école).
  • À faire : Encourager une alimentation riche en fruits, légumes, céréales complètes ; veiller à une bonne hydratation et instaurer des rituels « toilettes ». Consulter si la constipation perdure.

Diarrhées et infections digestives


  • Description : Selles liquides, fréquentes, parfois accompagnées de vomissements ou de fièvre. Causes le plus souvent virales (gastro-entérite).
  • Précautions : Éviter la déshydratation en proposant régulièrement à boire, fractionner l’alimentation (aliments faciles à digérer) et laver les mains fréquemment.
  • Quand consulter : Diarrhée intense avec vomissements, fièvre élevée, sang dans les selles, signes de fatigue ou somnolence inhabituelle.

Reflux gastro-œsophagien (RGO)


  • Description : Régurgitations, brûlures, remontées acides après le repas, toux nocturne ou gêne en position allongée (surtout chez les nourrissons).
  • À faire : Adapter les repas (portion réduite, épaississement du lait sur avis médical), maintenir la tête légèrement surélevée après les tétées, éviter de coucher l’enfant immédiatement après avoir mangé.

Distinguer un trouble passager d’une alerte médicale


  • Signes devant mener à une consultation rapide :
    • Douleurs abdominales brutales et intenses
    • Vomissements persistants, sang dans les selles ou les vomissures
    • Pâleur, perte de poids, refus de s’alimenter
    • Fièvre élevée persistante
    • Altération marquée de l’état général (égratignure, somnolence, perte de connaissance)

La grande majorité des maux de ventre chez l’enfant restent bénins, mais il faut savoir faire preuve de vigilance devant ces symptômes inhabituels ou persistants.


Quand le ventre traduit aussi les émotions : le « syndrome du ventre sensible »


Chez de nombreux enfants, les troubles digestifs ne sont associés à aucune cause organique précise : on parle alors de « douleurs fonctionnelles », ou syndrome de l’intestin irritable (constipation/diarrhée alternante, douleurs cycliques, etc.). Stress, anxiété vis-à-vis de l’école, changements familiaux ou simples inquiétudes du quotidien se logent parfois… dans le ventre !


  • Comment repérer cela ? Maux de ventre récurrents en l’absence de fièvre, de perte d’appétit, de troubles du sommeil, contexte particulier (rentrée scolaire, examens, déménagement…).
  • Le rôle des parents : Prendre au sérieux la plainte, aider à verbaliser les inquiétudes, instaurer des temps de pause et d’écoute, éviter les phrases du type : « Mais tu n’as rien ! »

Parfois, un enfant ayant toujours « mal au ventre » gagne à être orienté vers une prise en charge psychologique bienveillante, afin d’apprendre à mieux gérer ses émotions et son stress.


Petits gestes pour soulager : adopter de bonnes habitudes au quotidien


  1. Respecter les rythmes : Repas réguliers, sans précipitation ni tension autour de la table. Privilégier un cadre calme pour la prise alimentaire.
  2. Favoriser des aliments adaptés : Limiter fritures, sucreries, sodas au profit de légumes, fruits, fibres douces, produits laitiers adaptés à l’âge de l’enfant.
  3. Laisser l’enfant écouter ses signaux de faim et satiété : Éviter de forcer à manger si l’appétit n’est pas là mais rester attentif si la perte d’appétit s’installe.
  4. Encourager l’activité physique : La marche, les jeux, le vélo stimulent naturellement le transit intestinal.
  5. Hydratation : Proposer souvent de l’eau, surtout en cas de petite diarrhée, de constipation ou de sport intensif.
  6. Rituels d’endormissement : Les troubles digestifs peuvent s’accompagner de difficultés à s’endormir : lecture, musique douce, respiration, bain tiède…

Ce qu’il vaut mieux éviter pour ne pas aggraver la situation


  • Administration répétée de médicaments ou laxatifs sans avis médical
  • Menaces ou pression autour de l’alimentation (« si tu ne finis pas ton assiette… »)
  • Recours systématique aux boissons sucrées, jus de fruits industriels et aliments ultra-transformés
  • Minimiser la plainte (« c’est que tu ne veux pas aller à l’école ») ou, à l’inverse, dramatiser excessivement devant chaque mal de ventre
  • Fermer la porte à la discussion sur les peurs ou soucis de l’enfant

Des outils pour aider enfants et parents à faire face


  • Journal du ventre : Noter ensemble les moments où la douleur apparaît, les aliments mangés, le contexte émotionnel, aide à repérer les déclencheurs.
  • “Botte secrète” détente : Initiation aux exercices de respiration abdominale, bulles de savon, histoires guidées, yoga enfant pour apaiser aussi bien le ventre que l’esprit.
  • Impliquer l’enfant : Laisser choisir certains aliments au marché, expliquer ce qu’il ressent par un dessin ou choisir son menu du soir une fois par semaine.

Côté témoignages : leur expérience du « ventre qui parle »


  • « Mon fils avait systématiquement mal au ventre le dimanche soir. En discutant, il a exprimé sa peur de changer de maîtresse à la rentrée. Depuis qu’on prépare ensemble ses affaires la veille, les maux de ventre ont nettement diminué ! » (Lucie, maman de deux garçons)
  • « Ma fille souffrait de constipation chronique. On a ajouté plus de fruits et instauré une petite balade après le dîner : elle va beaucoup mieux, et l’ambiance familiale aussi. Le médecin nous a aussi rassurés, ça a ôté beaucoup d’angoisse. » (Éric, papa solo)
  • « Les douleurs étaient si fortes qu’on a consulté à plusieurs reprises. Finalement, simple intolérance au lactose : en adaptant l’alimentation, tout est rentré dans l’ordre. » (Chloé, maman d’une fillette de 7 ans)

Checklist pratique pour réagir face aux troubles digestifs de l’enfant


  1. Écouter la plainte et l’accompagner sans affolement inutile.
  2. Surveiller les symptômes associés (fièvre, vomissements, traces de sang, altération de l’état général).
  3. Adapter l’alimentation et l’hydratation selon les besoins du moment.
  4. Favoriser une parole libre sur les émotions possiblement liées aux troubles digestifs.
  5. Éviter toute automédication non conseillée par un professionnel.
  6. Ne pas hésiter à consulter le médecin en cas de doute ou de signes d’alerte.

En résumé : rassurer, accompagner, consulter si besoin


  • Les troubles digestifs de l’enfant sont fréquents, le plus souvent bénins mais méritent toujours une écoute attentive.
  • Un cadre rassurant au quotidien, le dialogue et quelques bonnes pratiques alimentaires et relationnelles font la différence.
  • En cas de doute ou d’évolution inhabituelle, mieux vaut consulter. Votre médecin saura vous accompagner sans dramatiser ni banaliser.
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