Santé des enfants

Aider son enfant à bien vivre la rentrée scolaire pour sa santé mentale

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi la rentrée scolaire affecte-t-elle la santé mentale des enfants ?


Le retour à l’école, c’est bien plus qu’une simple date sur le calendrier. Pour beaucoup d’enfants, la rentrée représente un moment charnière, source d’excitation mais aussi de stress, d’inquiétude ou même de découragement. Entre le changement de rythme, la découverte d’une nouvelle classe, la rencontre de nouveaux enseignants et parfois la peur de l’inconnu, la santé mentale des enfants se trouve mise à rude épreuve. Comprendre ces bouleversements est la première étape pour mieux accompagner son enfant et l’aider à vivre ce moment de transition avec sérénité et confiance.


Repérer les signes d’un stress de rentrée chez son enfant


  • Irritabilité ou changements d’humeur : un enfant par ailleurs calme peut se montrer nerveux, colérique ou triste sans raison apparente.
  • Troubles du sommeil : difficultés d’endormissement, cauchemars récurrents ou réveils nocturnes peuvent indiquer une appréhension.
  • Perte d’appétit ou comportement alimentaire inhabituel : refus de manger, “grignotages” compulsifs pour compenser l’inquiétude.
  • Peur d’aller à l’école : résistances au moment de partir, plaintes physiques le matin (maux de ventre, de tête).
  • Isolement social : l’enfant fuit ses amis ou se replie sur lui-même, alors qu’il était auparavant sociable.

Astuce : si vous observez un ou plusieurs de ces signes, ne dramatisez pas : la plupart des enfants traversent ces phases lors de la rentrée. Parlez-en calmement, montrez que vous comprenez son ressenti.


Préparer la rentrée en douceur : l’importance de l’anticipation


  • Rétablir progressivement un rythme : une à deux semaines avant la reprise, avancez graduellement l’heure du coucher et du lever. Le sommeil, clé de la santé mentale, se récupère mieux petit à petit.
  • Reprendre des repères quotidiens : réintroduisez petit déjeuner, horaires de repas fixes, temps calmes en fin de journée.
  • Impliquer son enfant dans la préparation : laissez-le choisir certaines fournitures, couvrir ses cahiers ou décorer son cartable. Cette implication le responsabilise et rend la rentrée concrète… et moins effrayante.
  • Visiter l’école : si possible, faites un tour devant l’établissement ou sur le trajet quelques jours avant. Pour les plus jeunes, une visite guidée rassure énormément.

Dialoguer sans pression : instaurer un climat de confiance


  • Écouter (vraiment) : faites parler votre enfant sur ses attentes, ses peurs, ses envies concernant l’école. Évitez les jugements prompts (“ne t’inquiète pas, ça ira !”), mais validez son émotion (“c’est normal de se sentir un peu stressé”).
  • Partager vos propres souvenirs de rentrée : les anecdotes de parents montrent aux enfants qu’ils ne sont pas seuls à ressentir ces émotions.
  • Projeter du positif : sans occulter les difficultés, rappelez les bons côtés : retrouver ses copains, découvrir une nouvelle matière, grandir, etc.
  • Limiter les conversations « anxiogènes » : évitez les discussions d’adultes sur le niveau scolaire, les notes, ou la complexité du programme… devant l’enfant.

Mettre en place des routines rassurantes pour sécuriser la famille


  • Repères fixes le matin et le soir : une routine régulière (petit déjeuner, câlin, trajet à pied ou en vélo identique…) apaise l’enfant.
  • Créer un rituel de séparation positif : une phrase, un geste, un dessin glissé dans la poche… autant de petits signes que le lien familial demeure, même à distance.
  • Laisser un temps “décompression” après l’école : au retour à la maison, privilégiez un moment calme (jeu libre, goûter, lecture) avant d’aborder les devoirs ou de questionner l’enfant sur sa journée.

Exemple de rituel : « À ce soir, je t’aime fort ! Raconte-moi ta journée quand tu auras envie. »


Aider son enfant à apprivoiser ses émotions


  1. Nommer ensemble ce qui est ressenti : “Tu te sens inquiet parce que tu changes de classe, c’est ça ?”
  2. Accepter toutes les émotions : joie, peur, colère, tristesse… Il n’y a pas de "mauvais" sentiments.
  3. Imaginer des solutions en famille : “Qu’est-ce qui t’aiderait à te sentir mieux en classe ?” Encouragez l’enfant à trouver ses propres astuces (prendre une photo de famille, un grigri discret, un carnet de dessin dans le sac…)
  4. Valoriser les efforts, pas seulement les réussites : félicitez le courage d’aller à l’école, la politesse envers les adultes, ou la gestion des petits problèmes quotidiens.

Ce qu’il vaut mieux éviter pour préserver l’équilibre mental lors de la rentrée


  • Multiplier les activités extrascolaires dès septembre : trop de nouveautés, c’est épuisant. Laissez quelques semaines à l’enfant pour “prendre ses marques”.
  • Comparer avec d’autres enfants ou avec l’année précédente : chaque rentrée est unique, chaque élève évolue à son propre rythme.
  • Se focaliser sur la performance scolaire : l’objectif, au début, reste l’adaptation et le plaisir d’apprendre… pas la note parfaite.
  • Transmettre ses propres angoisses d’adulte : attention aux phrases involontaires comme “cette année va être dure”, “l’enseignant est sévère”… Votre confiance rassure.

Encourager la socialisation et l’autonomie


  • Faciliter les moments entre amis : invitez un ou deux camarades à la maison, encouragez la participation à la récréation ou aux jeux collectifs.
  • Laisser de petits choix à l’enfant (vêtement pour le jour de la rentrée, type de goûter, organisation du cartable), pour renforcer son sentiment de contrôle.
  • Encourager à demander de l’aide : rappelez à votre enfant qu’il peut parler à quelqu’un (enseignant, animateur, parent) s’il rencontre un souci ou une difficulté.

Quand (et comment) consulter ou demander de l’aide ?


  • En cas de symptômes persistants : pleurs répétés, refus durable d’aller à l’école, troubles alimentaires ou forts troubles du sommeil, le soutien d’un professionnel (médecin, psychologue scolaire) permet de débloquer la situation en douceur.
  • Impliquer les équipes éducatives : l’enseignant, l’infirmière scolaire ou le directeur sont là pour vous aider à comprendre et soulager le mal-être le cas échéant.
  • Ne pas attendre d’être débordé : une difficulté repérée tôt se résout souvent facilement avec une écoute adaptée et quelques ajustements, avant qu’elle ne génère un vrai mal-être.

Mini-checklists familiales : accompagner la rentrée sans stresser


  • Checklist “rentrée sereine” :
    • Réguler horaires de coucher/lever 10 jours à l’avance
    • Laisser l’enfant préparer son sac avec vous
    • Prendre un temps de visite de l’école/matériel la veille
    • Prévoir un doudou discret ou un objet-repère, si besoin
    • Échanger sur les attentes, les peurs, les envies en famille
    • Prendre un vrai temps calme le soir du premier jour
  • Rituels “bien être” de retour d’école :
    • Goûter ensemble, sans pression
    • Temps sans écrans, pour échanger ou dessiner
    • Réaliser un “top 3” des petits plaisirs de la journée
    • Laisser l’enfant choisir une activité calme (lecture, lego…)

Témoignages inspirants : leur rentrée réussie malgré l’appréhension


  • « Mon fils angoissait à l’idée d’une nouvelle maîtresse. On a écrit ensemble une lettre pour lui poser des questions le premier jour… Depuis, il lui écrit un message chaque mois ! » (Sophie, maman de Louis, 7 ans)
  • « Avant chaque rentrée, on prépare un “sac d’astuces” familial avec un livre préféré, un grigri – et un petit mot de maman dans la trousse. Ma fille dit que ça l’aide à se sentir accompagnée, même à l’école. » (Emilie, maman de Salomé, 8 ans)
  • « Après une rentrée de CP compliquée, nous avons instauré un mini-rituel du soir : le “maxi-tout-va-bien”, chacun écoute l’autre et partage une fierté de la journée, aussi petite soit-elle. Cela a changé l’ambiance à la maison. » (Jérôme, papa de Léna, 6 ans)

À retenir : une rentrée épanouie est d’abord une rentrée rassurante


  • Prise en compte des émotions, petits rituels, écoute active et respect du rythme de l’enfant font toute la différence.
  • Accompagner la rentrée, c’est offrir à son enfant une base solide pour qu’il ose apprendre, créer, s’exprimer… et prendre soin de sa santé mentale.
  • Pour d’autres fiches pratiques, listes, astuces pour une rentrée sereine et témoignages de familles, retrouvez-nous sur sortiesenfamille.fr : la santé mentale des enfants commence à la maison… et se construit jour après jour !

Articles à lire aussi
sortiesenfamille.fr