Santé des enfants

Comment repérer l’anxiété chez les enfants et les aider au quotidien

Par Maxime
5 minutes

Repérer les signaux de l’anxiété infantile : les signes qui ne trompent pas


Inquiétudes du matin, irritabilité inexpliquée, réactions fortes à des situations ordinaires… L’anxiété chez les enfants se manifeste rarement de la même manière que chez les adultes. Beaucoup de parents passent à côté de ses signaux discrets, souvent confondus avec de la fatigue, une "mauvaise phase" ou le caractère de l’enfant. Pourtant, détecter tôt l’anxiété permet d’agir concrètement et de soulager le quotidien familial.


  • Changements dans le comportement : un enfant anxieux peut s’agiter brusquement, s’isoler, ou au contraire devenir collant.
  • Manifestations physiques : maux de ventre le matin d’école, serrements de gorge, palpitations, tics nerveux (se ronger les ongles, tripoter ses cheveux…).
  • Sommeil perturbé : difficulté à s’endormir, cauchemars, réveils fréquents avec réclamations d’un parent.
  • Sensibilité aux changements ou à la nouveauté : crises face à un imprévu, refus d’aller à une activité nouvelle ou angoisse de séparation accrue.

Important : chaque enfant réagit à sa manière. Un signe isolé ne signifie pas nécessairement qu’il souffre d’anxiété, mais la répétition ou l’accumulation de plusieurs signaux doit alerter.


Comprendre l’origine : pourquoi l’anxiété s’invite-t-elle dans la vie des enfants ?


L’anxiété n’est pas une fatalité, elle est souvent une réaction d’adaptation face à un environnement perçu comme incertain ou exigeant. Les causes sont multiples :


  • Changements importants : déménagement, naissance d’un frère ou d’une sœur, entrée en crèche ou en école, séparation des parents.
  • Pression scolaire et sociale : peur de ne pas réussir à l’école, difficultés de relations avec les pairs, harcèlement.
  • Modèle familial anxieux : les enfants sont très perméables à l’état émotionnel de leur entourage. Si un parent manifeste souvent ses propres inquiétudes, l’enfant peut les absorber et développer une anxiété miroir.
  • Événements de la vie quotidienne : maladie, perte d’un proche, expériences marquantes (accident, observation d’une dispute, actualités anxiogènes, etc.).

Prendre le temps de poser la question : « As-tu un souci ? Qu’est-ce qui t’inquiète aujourd’hui ? » peut ouvrir la voie au dialogue et aider à cerner le contexte de l’enfant.


Identifier les conséquences de l’anxiété : effets visibles et invisibles


Au-delà des symptômes directs, l’anxiété peut impacter l’ensemble du quotidien de l’enfant :


  • Difficultés scolaires ou concentration réduite : l’enfant a du mal à retenir les consignes, fait des oublis ou décroche facilement.
  • Évitements et phobies : peur de sortir, d’aller à l’école, crises au moment d’une séparation ou refus de participer à certaines activités.
  • Baisse de l’estime de soi : l’enfant se sent "nul", moins drôle, craint de décevoir sans arrêt.
  • Apparition de rituels rassurants ou compulsifs : vérifier plusieurs fois que tout est bien rangé, répéter une phrase, demander confirmation de façon insistante.

Ces conséquences, parfois minimisées, génèrent rapidement un cercle vicieux : plus l’enfant fuit ce qui l’angoisse, plus la peur grandit. D’où l’intérêt de réagir tôt et avec bienveillance.


Comment aider concrètement un enfant anxieux ? Méthodo et astuces du quotidien


1. Accueillir les émotions sans minimiser


Plutôt que de rassurer en bloc (« Ce n’est rien, ne t’inquiète pas », « Tu es trop sensible »), écoutez d’abord sans juger. Reformulez ses propos (« Je comprends que ça te fasse peur »), puis cherchez à mettre des mots sur l’émotion : peur, inquiétude, malaise, doute…


2. Mettre en place des routines et des repères


L’anxiété prospère sur l’incertitude. Instaurer des routines (rituel du coucher, organisation des matins, planning d’activités) rassure. Montrez à l’enfant ce qui va se passer, expliquez les changements à l’avance et, si possible, visualisez-les ensemble sur un planning affiché.


3. Impliquer l’enfant dans les petites décisions


  • Proposez-lui de choisir entre deux vêtements le matin, de décider du livre du soir, ou de planifier ensemble l’enchaînement du mercredi.
  • Plus l’enfant se sent acteur – même à petite dose –, plus il développe un sentiment de contrôle et moins l’anxiété l’envahit.

4. Pratiquer des exercices simples de relaxation


  • Respiration abdominale : inspirez lentement par le nez, soufflez doucement par la bouche comme si vous souffliez une bougie. À faire ensemble le soir ou avant une situation anxiogène.
  • Petits massages : sur le dos, les mains ou les pieds, avant le coucher ou après une journée difficile.
  • Visualisation positive : fermez les yeux avec lui et imaginez ensemble un endroit calme ou un souvenir apaisant.

Astuce : certains enfants préfèrent s’exprimer en dessinant ou en fabriquant un « bocal à soucis ». On écrit ou dessine l’inquiétude du jour, puis on la range dans le bocal le soir pour la laisser de côté jusqu’au lendemain.


Quand faut-il s’inquiéter davantage ?


Si malgré vos efforts, l’enfant :


  • N’arrive plus à sortir de sa peur ou de ses rituels
  • Refuse catégoriquement d’aller à l’école ou à ses activités habituelles
  • Présente des signes de déprime persistante ou d’isolement prolongé
  • Se plaint de douleurs physiques sans cause médicale trouvée

Il est essentiel de consulter un professionnel (médecin, psychologue, pédopsychiatre). Mieux vaut demander conseil et agir tôt : les dispositifs d’écoute et d’accompagnement permettent souvent de débloquer la situation et de rassurer toute la famille.


Adapter le quotidien familial : bonnes pratiques validées et pièges à éviter


  • Favoriser la communication ouverte : encouragez chacun à nommer ses émotions, même les adultes. Jouez aux « émoticartes » ou dessinez ensemble les « humeurs du jour ».
  • Laisser l’enfant respirer : proposez, mais ne forcez pas l’exposition à la peur. Avancez par mini-objectifs : aujourd’hui, seulement dire bonjour ou observer, demain, participer une minute…
  • Éviter la dramatisation familiale : « Avec lui, on ne peut rien faire ! » augmente le sentiment d’anormalité et d’échec. Valorisez le moindre progrès, aussi petit soit-il.
  • Choisir un rythme adapté : allégez l’emploi du temps si besoin, privilégiez les temps calmes, diminuez l’exposition à des écrans anxiogènes (actualités, scènes impressionnantes).

Checklists pratiques pour agir dès ce soir


  • Observer et noter : repérez les répétitions, les situations déclenchantes, les retours de l’école, sans jugement. Un petit carnet « humeurs » peut débloquer la parole.
  • Créer un rituel du soir : relaxation, lecture, lumière tamisée, éloignement des écrans 30 minutes avant le coucher.
  • Aménager un coin « doudou » ou « refuge » : une tente, un fauteuil à coussins, un espace où l’enfant peut se retirer un peu pour se calmer.
  • Installer un planning visuel : jours d’école, activité, visites ou changements. Afficher une couleur spéciale pour les jours "différents" rassure l’enfant visuellement.
  • Laisser s’exprimer autrement que par la parole : dessins, petits personnages, jeux de rôle avec les peluches peuvent permettre d’extérioriser une peur qui ne trouve pas ses mots.

À tester : faire un point calme en famille chaque dimanche soir sur la semaine passée, partager (parents compris !) un moment où chacun a ressenti de l’inquiétude et comment il l’a surmontée.


Témoignages : ce qui a marché chez eux


  • « Mon fils de 8 ans avait mal au ventre tous les lundis avant l’école. On a mis un post-it “je pense à toi” dans sa trousse et un bouton spécial qu’il pouvait toucher en classe : il s’est senti soutenu, les crises ont diminué. » (Julie, maman de deux enfants)
  • « Nous avons installé “le fauteuil à soucis” : chacun peut s’y asseoir quand il a envie d’en parler, même juste pour écouter de la musique calme. Cela a rendu les émotions moins taboues à la maison. » (Jean, papa solo)
  • « Avant chaque sortie exceptionnelle, je fais le trajet sur Google Street View avec ma fille, on regarde ce qu’on va voir ensemble. Elle se sent prête et se projette avant d’y être. » (Claire, maman d’une enfant hypersensible)

En résumé : repérer et accompagner l’anxiété, c’est avancer ensemble


  • Sensibiliser l’entourage et comprendre que l’anxiété n’est ni une question de faiblesse, ni une fatalité.
  • Des astuces simples, une écoute bienveillante et des repères (plannings, rituels) peuvent transformer le quotidien des enfants anxieux.
  • Valoriser les petits progrès, laisser le temps, demander de l’aide si besoin : accompagner l’anxiété, c’est grandir aussi dans la confiance familiale.
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